Jardinage

Plantes fleurs grimpantes : glycine, clématite ou passiflore, laquelle pour votre mur ?

Éléonore Gallet-Leroux 5 min de lecture
Plantes fleurs grimpantes : glycine violette et passiflore sur treillage mural

Publié par : — Rédactrice spécialisée en jardinage

Un mur nu, un grillage qui rappelle le voisin ou une pergola qui écrase de soleil : les plantes et fleurs grimpantes règlent ces problèmes en occupant la hauteur plutôt que le sol. Mais toutes ne se valent pas. Entre la glycine qui peut atteindre 15 m et la passiflore qui reste sous les 3,50 m, le bon choix dépend de l’exposition, du support, de la période de floraison et du froid que votre jardin subit.

Choisir selon l’exposition et le froid

Plein soleil : les floraisons les plus généreuses

Le soleil favorise la floraison. La glycine (Wisteria) y donne ses grappes d’avril à juin, la bignone (Campsis) fleurit de mai jusqu’à l’automne et la passiflore de juillet à novembre. Le jasmin étoilé (Trachelospermum jasminoides) y exprime aussi son parfum. Les espèces méditerranéennes comme la bougainvillée (Bougainvillea), en fleurs de mai à octobre selon la variété, exigent en plus un sol bien drainé : l’eau stagnante est leur pire ennemie.

Schéma des modes d'accroche des plantes fleurs grimpantes : tiges volubiles, vrilles, crampons et palissage
Schéma des modes d’accroche des plantes fleurs grimpantes : tiges volubiles, vrilles, crampons et palissage

Mi-ombre et ombre : des options existent

Le chèvrefeuille (Lonicera) et l’hortensia grimpant s’accommodent d’une exposition moins lumineuse. Les clématites apprécient un pied à l’ombre et une tête au soleil. Attendez-vous simplement à une floraison un peu moins abondante qu’en plein soleil.

Rusticité : théorie et microclimat

La rusticité annoncée est une limite théorique, pas une garantie. Les chèvrefeuilles, hortensias grimpants et glycines acceptent jusqu’à -15 °C, voire -20 °C pour la glycine la plus rustique citée. Les bignones caduques supportent de -10 à -15 °C et la Passiflora incarnata -10 °C. La bougainvillée ‘Violet de Mèze’ ne descend que jusqu’à environ -8 °C. Un mur exposé au sud protège mieux qu’un couloir de vent : tenez-en compte avant de vous fier au seul chiffre.

Que planter selon la saison de floraison ?

Pour garder des fleurs de mars à novembre, associez plusieurs périodes plutôt que de miser sur une seule star.

Calendrier de floraison des plantes fleurs grimpantes de mars à novembre
Calendrier de floraison des plantes fleurs grimpantes de mars à novembre
  • Hiver et début de printemps : la clématite armandii, persistante.
  • Printemps : la glycine (avril à juin), la clématite montana ‘Fragrant Spring’ ou le chèvrefeuille, dont la floraison s’étale d’avril à octobre selon l’espèce.
  • Été : la bignone, le jasmin, les rosiers grimpants, la passiflore à partir de juillet.
  • Automne : la passiflore jusqu’en novembre, le dipladénia (Mandevilla) de mai jusqu’aux premières gelées.

La clématite ‘Multi Blue’ a l’avantage d’être remontante : elle fleurit de mai à juin, puis en septembre.

Quel support pour quelle plante ?

Comprendre le mode d’accroche

Le support dépend de la façon dont la plante s’agrippe. Les tiges volubiles (glycine, chèvrefeuille) s’enroulent autour d’un appui. Les vrilles (passiflore, clématite par ses pétioles) demandent un support fin à saisir. Les crampons et racines adventives (bignone, hortensia grimpant) s’accrochent seuls à une surface. Les rosiers grimpants et la bougainvillée, eux, doivent être palissés et attachés souplement.

Les plantes grimpantes à cultiver en pot – Truffaut

Un détail que l’on oublie : le tuteur. Il ne sert pas qu’à redresser un jeune plant, c’est un guide d’apprentissage. Un bambou incliné vers le treillage, planté à quelques dizaines de centimètres du pied, indique aux jeunes sarments la direction à prendre. Sans cela, une liane livrée à elle-même s’enroule sur elle-même ou file vers le premier arbre venu.

Mur, clôture ou pergola

Sur un mur, installez un treillage ou des fils de fer tendus, en laissant un espace entre la plante et la paroi pour la circulation de l’air. Sur une clôture ou un grillage, privilégiez les volubiles ou les vrilles. Pour une pergola ou une tonnelle, une glycine ou une bignone donnent une ombre naturelle, à condition de prévoir une structure très solide : ces plantes vigoureuses finissent par peser lourd.

Pot, balcon et terrasse

Le dipladénia, la passiflore, le jasmin étoilé et la clématite se cultivent en pot. Choisissez un contenant profond, drainé, et prévoyez un arrosage plus fréquent qu’en pleine terre. Les espèces gélives comme la bougainvillée se remisent à l’abri, entre 10 et 15 °C, ou se protègent avec un voile d’hivernage.

Persistante ou caduque : que gagne-t-on ?

Un feuillage persistant (jasmin étoilé, clématite armandii) assure un écran en hiver, ce qui compte pour masquer un vis-à-vis. Une caduque (glycine, bignone, passiflore en climat froid) laisse passer la lumière hivernale et offre souvent une floraison plus spectaculaire. Le feuillage semi-persistant, comme celui de certains chèvrefeuilles, constitue un compromis.

Plante Floraison Feuillage Point d’attention
Glycine Avril à juin Caduc Jusqu’à 15 m, support très solide
Chèvrefeuille Avril à octobre Selon l’espèce De 2 m à plus de 20 m selon la variété
Bignone Mai à l’automne Caduc Crampons, vigueur à contenir
Passiflore Juillet à novembre Variable Environ 3 m par an
Bougainvillée Mai à octobre Variable Gélive, sol drainé

Planter, palisser et entretenir

Quand et comment planter

Deux fenêtres sont possibles : de mars à mai ou de septembre à novembre. L’automne convient aux espèces rustiques, le printemps aux plus frileuses. Plantez à 30 à 40 cm du mur, inclinez la tige vers le support et paillez avec un matériau organique pour garder l’humidité.

Arrosage, taille et vigilance

Arrosez régulièrement pendant la première année, le temps que les racines s’installent. Pour la taille, la règle générale est de tailler après la floraison les espèces qui fleurissent sur le bois de l’année précédente, comme la clématite printanière. Les plantes vigoureuses (glycine, bignone, houblon) demandent une taille de contrôle régulière : sans elle, elles peuvent envahir gouttières, toitures et supports fragiles. Enfin, certaines parties de plantes ornementales, fruits ou graines notamment, peuvent être toxiques : méfiance si de jeunes enfants jouent au jardin.

Éléonore Gallet-Leroux
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