Ecologie

Recyclage du carton : trier proprement pour préserver toute la collecte

Éléonore Gallet-Leroux 7 min de lecture
Recyclage carton : cartons propres et secs pour tri efficace

Publié par : — Rédactrice spécialisée en ecologie

Le recyclage du carton commence avant son arrivée en papeterie. Un emballage vidé, propre et sec a de bonnes chances d’être valorisé. À l’inverse, un carton humide, gras ou mélangé à d’autres déchets peut dégrader un lot entier. Le bon tri dépend donc de la matière, de son état et de la filière disponible près de chez soi ou dans l’entreprise.

Reconnaître les cartons qui vont au recyclage

Le carton est composé principalement de fibres de cellulose. Il se distingue généralement du papier par son grammage, souvent supérieur à 200 g/m², et par sa rigidité. Carton plat de boîte de céréales, carton ondulé de livraison ou emballage de produits courants, ces formats peuvent devenir une matière première secondaire s’ils sont correctement préparés.

Type de carton Tri recommandé Préparation utile
Boîtes, suremballages, cartons de livraison et de déménagement propres À déposer dans le flux de tri des emballages et papiers-cartons, selon les consignes locales Vider, retirer le contenu et aplatir si cela facilite le stockage
Carton ondulé avec ruban adhésif, étiquette ou petite fenêtre plastique Généralement recyclable Retirer les éléments faciles à enlever, sans chercher à décaper le carton
Brique alimentaire À trier si les consignes locales l’acceptent Vider entièrement et ne pas l’imbriquer avec d’autres déchets
Carton gras, souillé par des restes alimentaires ou contaminé par un produit À exclure du recyclage papier-carton Le jeter dans la filière indiquée localement pour les déchets résiduels ou organiques
Carton très humide, ciré, paraffiné, pelliculé ou fortement multicouche À vérifier selon la filière Suivre l’Info-tri ou la consigne locale. En cas de doute, éviter de contaminer le bac papier-carton

Propre et sec : la règle qui compte vraiment

Un peu de poussière ou une trace d’adhésif ne rendent pas automatiquement un carton inutilisable. En revanche, les graisses, les sauces, l’huile, les produits chimiques et l’humidité profonde pénètrent les fibres. Elles compliquent le défibrage, altèrent la qualité de la pâte à papier et peuvent provoquer un refus de tri.

Un carton de pizza propre peut être orienté vers le tri. Si le fond est gras, séparez si possible la partie propre de la partie souillée. Ce geste simple évite de perdre une matière encore valorisable.

Dans quelle poubelle jeter ses cartons ?

Pour les particuliers, les petits emballages et cartons propres se déposent le plus souvent dans le bac de tri destiné aux emballages et papiers. Les modalités varient toutefois selon la collectivité : couleur du bac, acceptation des briques alimentaires ou modalités de dépôt des grands cartons. L’Info-tri apposée sur le produit et les consignes locales restent les meilleurs repères.

Les cartons volumineux ne doivent pas bloquer le bac

Les grands cartons de meuble, d’électroménager ou de déménagement prennent rapidement toute la place. Aplatissez-les, retirez le polystyrène, les films plastiques et les calages qui ne sont pas en carton. Si nécessaire, utilisez une déchèterie ou un point de collecte prévu pour les encombrants recyclables.

Ne laissez pas les cartons entiers à côté du bac. Ils risquent d’être mouillés ou de gêner la collecte. Un carton aplati et maintenu au sec occupe peu de volume. À l’inverse, un carton laissé ouvert peut retenir la pluie, la poussière et d’autres déchets. Un stockage adapté entre la réception des marchandises et le quai de collecte évite de transformer une matière recyclable en déchet souillé.

Du carton usagé à de nouveaux emballages : les cinq étapes

Le recyclage du carton repose sur une chaîne de qualité. La valeur de la fibre dépend directement de la propreté du flux collecté et de la séparation des différents déchets.

  1. Le tri à la source : particuliers, commerces et entreprises séparent les cartons des déchets résiduels, du plastique, du verre et des déchets alimentaires.
  2. La collecte séparée : les bacs, bennes ou contenants roulants sont collectés selon une fréquence adaptée aux volumes.
  3. Le centre de tri : les cartons sont contrôlés, séparés des indésirables, puis conditionnés, souvent sous forme de balles de récupération.
  4. La fabrication de pâte à papier : les fibres sont mises en suspension dans l’eau et défibrées. Selon les matériaux, des opérations de purification ou de désencrage peuvent être nécessaires.
  5. La nouvelle fabrication : les fibres recyclées servent notamment à produire des cartons d’emballage, des boîtes, des plaques ou d’autres produits en papier-carton.

Les fibres de cellulose ne sont pas réutilisables indéfiniment. Elles raccourcissent progressivement au fil des traitements. Les estimations disponibles évoquent une réutilisation jusqu’à 8 fois ou un carton recyclable jusqu’à 10 fois, selon la qualité des fibres, les procédés et les usages. La filière utilise donc aussi un apport de fibres vierges pour maintenir la qualité des produits.

Pourquoi trier le carton plutôt que le jeter avec les ordures ?

La valorisation matière évite de traiter un carton encore exploitable par incinération ou mise en décharge. Elle réduit aussi le recours aux ressources vierges. Une tonne de papier recyclé permet d’éviter l’utilisation de 1,5 à 3 tonnes de bois.

La fabrication de carton à partir de matières recyclées représente environ 28 % d’émissions de CO2 en moins. Le processus est également présenté comme 50 % moins énergivore que la production traditionnelle. Ces résultats dépendent des matières utilisées, des procédés et de la qualité du tri, mais ils montrent l’intérêt de séparer le carton des autres déchets.

Cette logique alimente une économie circulaire concrète : le carton de transport utilisé par un commerce ou un particulier peut redevenir un emballage. La filière s’appuie sur un gisement important. La production nationale de papiers et cartons pour emballage atteint 4,6 millions de tonnes par an, tandis que la consommation française dépasse 7 millions de tonnes. Près de 80 % de l’activité de la filière papier-carton est liée à l’emballage industriel et commercial.

Organiser le recyclage carton en entreprise

Les entreprises doivent séparer plusieurs flux de déchets à la source. Le décret 5 flux de 2016 concerne notamment le papier-carton, le métal, le plastique, le verre et le bois. Un tri organisé répond à cette obligation et limite les coûts liés aux déchets mélangés. Il améliore aussi les possibilités de valorisation des cartons propres.

Choisir le dispositif selon les volumes

Un bureau ou un petit commerce peut fonctionner avec des bacs roulants et une collecte mutualisée. Un e-commerçant, un entrepôt ou un site industriel aura souvent besoin d’une zone de stockage sèche, de contenants plus importants, voire d’une benne ou d’un compacteur.

La solution dépend du volume hebdomadaire, de la place disponible, de la fréquence de production et de l’accès des véhicules de collecte. Certaines offres couvrent des besoins allant de 3 emballages à 3 mètres cubes par semaine. Le contenant et la fréquence doivent évoluer avec l’activité pour éviter les débordements comme les collectes inutiles.

Mettre en place un tri qui tient dans la durée

Commencez par repérer les zones où les cartons apparaissent : réception, réserve, atelier, quai d’expédition ou espace de restauration. Placez les contenants au plus près de ces points. Affichez des exemples de déchets acceptés et refusés, puis désignez une personne chargée de vérifier l’absence de films plastiques ou de déchets souillés.

Pour des volumes conséquents, un prestataire peut assurer la collecte, le tri et la valorisation. Certaines solutions prévoient un rachat au poids ou à la tonne lorsque la qualité et les quantités le permettent. Le choix dépend alors du volume, de la régularité des apports et de l’espace disponible sur le site.

Avant d’évacuer un carton, pensez aussi au réemploi. Les boîtes propres et solides peuvent servir aux retours, au rangement ou à la préparation d’expéditions internes. Réduire les achats d’emballages neufs reste préférable au recyclage. Lorsque le carton n’est plus utilisable, le tri séparé permet de l’orienter vers la filière papetière.

Éléonore Gallet-Leroux
Retour en haut