Jardinage

Faire du compost sans se tromper : 2/3 de matières humides, 1/3 de matières sèches et les déchets à éviter

Éléonore Gallet-Leroux 7 min de lecture

Faire du compost consiste à transformer les déchets organiques de la cuisine et du jardin en amendement naturel pour les plantes, le potager et les sols. La méthode reste simple si l’on retient trois principes : varier les apports, équilibrer matières humides et matières sèches, puis aérer régulièrement. Même sans grand jardin, il existe des solutions adaptées, du tas au lombricomposteur d’appartement.

Comprendre le compost avant de commencer

Le compost est le résultat de la décomposition de matières organiques : épluchures, feuilles mortes, marc de café, fleurs fanées, brindilles ou encore tontes de pelouse. Sous l’action des bactéries, des champignons, des vers de terre et d’autres petits animaux, ces déchets se transforment progressivement en une matière sombre, riche et utile au sol.

Guide pratique pour réussir son compost au quotidien : Découvrez toutes les étapes et astuces de l’ADEME pour créer, entretenir et utiliser efficacement votre compost maison.

On parle souvent d’engrais naturel, mais le terme le plus juste est amendement organique. Le compost ne nourrit pas seulement la plante : il améliore la structure de la terre, favorise la vie du sol et aide à retenir l’eau et les nutriments. C’est pourquoi il est précieux au potager, au pied des arbustes, dans les massifs fleuris ou pour enrichir une terre fatiguée.

Selon STIGA, qui cite les études de l’ADEME, chaque ménage français produit 580 kilos de déchets par an, avec une baisse de 3 % sur 10 ans. Un tiers de ces déchets sont des biodéchets. Les composter permet donc de réduire le volume de la poubelle, de valoriser une ressource locale et d’éviter certains transports jusqu’à la déchetterie.

Choisir la bonne solution selon son logement

Un composteur n’est pas obligatoire pour réussir. Ce qui compte, c’est d’avoir un espace adapté, suffisamment aéré, où les matières peuvent se décomposer sans être tassées ni détrempées. Dans un jardin, le MNHN recommande d’installer la zone de compost de préférence à l’ombre, pour limiter le dessèchement et les écarts trop forts de température.

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Solution Pour qui ? Entretien À retenir
Tas au jardin Jardin avec espace disponible Brassage régulier à la fourche Simple, gratuit, mais moins discret qu’un bac
Composteur de jardin Petit ou moyen jardin Ajouts équilibrés et aération Propre, compact, pratique pour débuter
Composteur d’appartement Balcon, cuisine, espace réduit Surveillance des apports Adapté aux déchets de cuisine en petite quantité
Lombricompostage Appartement ou foyer urbain Les vers assurent une grande partie du travail Le lombricompostage est présenté comme environ 4 fois plus rapide

Le lombricompostage utilise des vers de compost pour accélérer la transformation des déchets organiques. Ceercle présente cette solution comme rapide et adaptée aux logements sans jardin, avec des composteurs d’appartement pouvant recevoir les déchets d’un foyer de 4 personnes. C’est une option intéressante si vous vivez en ville, à condition de respecter les apports et d’éviter les déchets problématiques.

Mettre les bons déchets, éviter les mauvais

La réussite d’un compost commence dans le seau de cuisine. Tous les déchets biodégradables ne se valent pas : certains nourrissent parfaitement le compost, d’autres attirent les nuisibles, ralentissent la décomposition ou posent des questions sanitaires. STIGA rappelle que certains déchets alimentaires doivent être traités par des professionnels pour éviter tout risque sanitaire.

À composter À éviter À mettre avec précaution
Épluchures de fruits et légumes Viande, poissons, crustacés Pain, en petites quantités
Marc de café, filtres à café, thé Produits laitiers Agrumes, avec modération
Coquilles d’œufs écrasées Végétaux malades ou traités Ail, en petite quantité
Feuilles mortes, fleurs fanées Plantes en graines Tontes fraîches, en couches fines
Branches fines, bois broyé, brindilles Déchets alimentaires à risque sanitaire Déchets ligneux, broyés ou coupés

Les déchets de cuisine apportent surtout de l’humidité et de l’azote : épluchures, restes de préparation de repas, marc de café, thé ou coquilles d’œufs. Les déchets de jardin complètent l’équilibre : feuilles mortes, herbe coupée, tailles d’arbustes, fines branches, bois de taille broyé, foin ou brindilles.

Un compost peut aussi transporter des graines. Une plante montée en graines, par exemple, peut laisser dans le tas des semences capables de germer plus tard dans vos massifs ou votre potager. Avant de jeter une adventice, vérifiez si elle porte des graines, si elle est malade ou si elle a été traitée. Ce tri simple évite de retrouver des repousses là où vous vouliez seulement enrichir le sol.

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Construire un compost équilibré étape par étape

Préparer les matières

Avant de remplir le composteur, coupez les restes végétaux volumineux et broyez ce qui est trop dur. Les branches fines, tailles de haies ou déchets ligneux se décomposent mieux s’ils sont fragmentés. Cette étape augmente les surfaces de contact et facilite le travail des micro-organismes.

Alterner humide et sec

Le point clé est l’équilibre entre matières vertes ou humides, riches en azote, et matières brunes ou sèches, riches en carbone. Le MNHN mentionne une proportion possible de 2/3 de matières humides pour 1/3 de matières sèches. Ceercle recommande de son côté un mélange 50/50 entre déchets verts et déchets bruns. En pratique, retenez ceci : à chaque apport humide de cuisine, ajoutez une poignée ou une couche de matière sèche.

  • Matières humides : épluchures, marc de café, thé, tontes fraîches, résidus de plantes fraîchement coupées.
  • Matières sèches : feuilles mortes, cartons, papier non imprimé, foin, mouchoirs en papier, bois sec, sciure de bois.
  • Bon réflexe : garder un stock de feuilles mortes ou de carton découpé près du composteur.

Aérer sans tout bouleverser

Le compost a besoin d’air. Sans oxygène, les matières se tassent, fermentent et peuvent dégager de mauvaises odeurs. Le MNHN recommande de retourner le compost une fois par mois avec une fourche pour permettre à l’air de pénétrer dans toutes les couches. Il n’est pas nécessaire de le remuer tous les jours : un brassage régulier, associé à des apports variés, suffit à maintenir une bonne activité biologique.

  1. Installez le tas ou le composteur sur une zone adaptée, idéalement à l’ombre au jardin.
  2. Déposez une première couche de matières sèches et structurantes : brindilles, feuilles mortes, carton découpé.
  3. Ajoutez les déchets humides de cuisine et de jardin en petites quantités.
  4. Recouvrez régulièrement avec des matières sèches pour absorber l’humidité.
  5. Retournez environ une fois par mois avec une fourche, sauf en lombricompostage.
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Corriger les problèmes courants et utiliser le compost

Un compost qui fonctionne bien ne sent pas mauvais. Il peut dégager une odeur de sous-bois, mais pas de pourriture. Si une odeur forte apparaît, c’est souvent le signe d’un excès d’humidité, d’un manque d’air ou d’un apport trop important de déchets riches en azote. Ajoutez alors des feuilles mortes, du carton ou du bois broyé, puis aérez doucement.

Si le compost reste sec et ne se transforme pas, il manque probablement de matières humides ou de diversité. Ajoutez des épluchures, du marc de café ou un peu de tonte fraîche, toujours en évitant les couches épaisses qui se compactent. Si la décomposition semble très lente, vérifiez aussi la taille des déchets : plus les morceaux sont gros, plus le processus prend du temps.

Le compost mûr s’utilise en surface ou mélangé légèrement à la terre selon les besoins des plantes. Il aide à jardiner au naturel, à réduire l’achat d’engrais et de terreau, et peut contribuer à des économies d’eau en améliorant la capacité du sol à retenir l’humidité. Gamm Vert le décrit comme un fertilisant 100 % naturel.

Pour débuter sans se tromper, retenez une règle simple : diversifiez les déchets, coupez les éléments volumineux, compensez chaque apport humide par du sec, puis aérez régulièrement. Le compostage n’exige pas la perfection ; il demande surtout de l’observation et quelques ajustements au fil des saisons.

Éléonore Gallet-Leroux
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